Bienvenue dans le monde des kanji ! Si tu viens de débuter ton apprentissage, tu te demandes probablement pourquoi ces caractères ont plusieurs lectures, et laquelle utiliser dans quel contexte. L’une des premières choses que l’on découvre en étudiant les kanji, c’est justement la distinction entre les lectures on’yomi (音読み) et kun’yomi (訓読み). Ces deux termes sont essentiels pour comprendre comment les kanji se prononcent selon le contexte.
Ça peut sembler compliqué, mais en réalité c’est bien plus simple que ce qu’on en dit. Je vais te montrer une approche facile à suivre pour appliquer ça à ton étude des kanji, pour qu’ils aient plus de sens et que tu puisses te concentrer sur l’essentiel : apprendre à lire le japonais.
Dans cette leçon, on va beaucoup utiliser les hiragana et katakana. Si tu n’es pas encore à l’aise avec ça, jette un œil au guide des hiragana et katakana.
D’où viennent les lectures des kanji
Les kanji (漢字) que nous utilisons aujourd’hui viennent du chinois « hànzì ». Ces caractères ont voyagé pour arriver au Japon, principalement à travers des textes religieux chinois classiques. À l’époque où le Japon était fasciné par la Chine, il a adopté le système d’écriture chinois et l’a adapté à sa propre langue.
Prendre la signification des caractères chinois avait du sens : en voyant le caractère 山, on comprend qu’il s’agit de « montagne ». Mais les sons du chinois et du japonais sont très différents. Le Japon avait déjà sa propre langue, avec ses propres mots pour l’eau, le feu, la nourriture, etc.
Plutôt que de transformer le japonais en chinois, les Japonais ont trouvé un compromis : chaque kanji aurait une prononciation d’origine chinoise, le on’yomi (音読み), et une prononciation japonaise, le kun’yomi (訓読み). Voilà pour la petite histoire !
On’yomi et kun’yomi : deux lectures par kanji
La plupart des kanji ont au moins une lecture d’origine chinoise (on’yomi) et une lecture d’origine japonaise (kun’yomi). Voici quelques exemples de kanji où les deux lectures sont couramment utilisées :
| Kanji | Signification | On’yomi | Kun’yomi |
|---|---|---|---|
| 水 | eau | スイ | みず |
| 火 | feu | カ | ひ |
| 木 | arbre | モク | き |
| 国 | pays | コク | くに |
| 犬 | chien | ケン | いぬ |
| 山 | montagne | サン | やま |
| 女 | femme | ジョ | おんな |
| 男 | homme | ダン | おとこ |
| 内 | intérieur | ナイ | うち |
| 目 | œil | モク | め |
🔎 Les lectures on’yomi sont notées en katakana, et les lectures kun’yomi en hiragana. C’est la convention que les dictionnaires utilisent pour les différencier.
💡 Attention à ne pas confondre avec les furigana, qui sont toujours écrits en hiragana. Les furigana, c’est le petit coup de main qui te donne la prononciation d’un kanji juste à côté ou au-dessus, très pratique dans les mangas et les livres. Ici, on parle bien des deux types de lectures d’un kanji, pas de l’aide à la lecture.
Vérifie avant de continuer
Deux questions avant d’entrer dans les règles. Elles ne portent que sur ce qui vient d’être posé : d’où viennent ces deux lectures, et ce qu’elles changent.
-
Pourquoi un même kanji a-t-il le plus souvent deux lectures ?
Quand
山arrive de Chine avec sa prononciation, le japonais dit déjà やま depuis longtemps pour parler d’une montagne. Plutôt que de choisir, la langue garde les deux : la lecture chinoise, le on’yomi, et la lecture japonaise, le kun’yomi. Les kana n’ont rien à voir là-dedans, ils notent des sons et ne décident d’aucune lecture. Quant à la difficulté du tracé, elle n’entre jamais en ligne de compte. -
山se lit サン ou やま. Qu’est-ce que ça change au sens du caractère ?C’est le contresens à éviter dès le départ : on’yomi et kun’yomi sont deux SONS pour une seule idée, pas deux idées.
山veut dire « montagne » dans les deux cas, exactement comme水veut dire « eau », qu’on le lise スイ ou みず. Ce que la lecture change, c’est le mot dans lequel le kanji se trouve, jamais ce qu’il raconte.
Comment savoir quelle lecture utiliser ?
Les règles générales sont plutôt simples (avec quelques exceptions, comme toujours). Elles t’aideront à trouver la bonne lecture la plupart du temps. Voici les trois cas de figure côte à côte :
Dans un mot composé on’yomi
Un mot composé de deux kanji ou plus utilise généralement les lectures on’yomi. On appelle ces mots des jukugo (熟語). Ils ressemblent au chinois, où chaque caractère est mis bout à bout.
| Mot | Lecture (on’yomi) | Signification |
|---|---|---|
| 東京 | トウキョウ | Tokyo |
| 先生 | センセイ | professeur / enseignant |
| 元気 | ゲンキ | énergie / en forme |
| 最高 | サイコウ | le meilleur |
| 地下鉄 | チカテツ | métro |
Un kanji seul souvent kun’yomi
La plupart des mots d’un seul kanji, sans okurigana, se lisent avec le kun’yomi. Ce sont souvent des noms, et la majorité des mots pour débutants qu’on apprend dans les manuels.
| Kanji | Lecture (kun’yomi) | Signification |
|---|---|---|
| 人 | ひと | personne |
| 手 | て | main |
| 心 | こころ | cœur |
| 南 | みなみ | sud |
| 冬 | ふゆ | hiver |
Les okurigana (送り仮名) sont la partie d’un mot écrite en hiragana à la suite du kanji.
Un kanji seul en on’yomi (ça existe aussi)
Il y a moins de kanji seuls qui se lisent en on’yomi, mais il en existe beaucoup, surtout les nombres.
| Kanji | Lecture (on’yomi) | Signification |
|---|---|---|
| 本 | ホン | livre |
| 天 | テン | ciel |
| 字 | ジ | caractère |
| 文 | ブン | phrase |
| 一 | イチ | un |
Un kanji suivi d’okurigana kun’yomi
Quand un kanji est suivi de hiragana (les okurigana), il utilise généralement le kun’yomi. On retrouve ça surtout dans les adjectifs et les verbes, parfois dans les noms.
| Mot | Lecture | Sens |
|---|---|---|
| 大きい | おおきい | grand |
| 食べる | たべる | manger |
| 行く | いく | aller |
| 玉ねぎ | たまねぎ | oignon |
| 乗り場 | のりば | arrêt / station |
Des mots composés en kun’yomi
Certains mots composés, surtout ceux qui parlent de la nature ou des directions, utilisent le kun’yomi pour les deux kanji. Plus rares que les composés en on’yomi, on en trouve tout de même dans des mots courants.
| Mot | Lecture | Signification |
|---|---|---|
| 月見 | つきみ | contemplation de la Lune |
| 南口 | みなみぐち | sortie sud |
| 朝日 | あさひ | soleil du matin |
Deux composés, deux lectures opposées :
Les exceptions
Il existe bien sûr de nombreuses exceptions :
- des mots qui mélangent une lecture on’yomi et une kun’yomi ;
- des kanji attribués à des mots venus de l’étranger ;
- des lectures qui ne semblent suivre aucune logique.
Pour ces cas-là, le plus simple est de les apprendre par cœur au fil des rencontres.
Comment apprendre les lectures des kanji
Apprendre les lectures on’yomi et kun’yomi peut être un défi. Voici quelques repères :
- Apprends une lecture par kanji au début. Si tu essaies de retenir toutes les lectures d’un coup, tu risques de tout mélanger et de n’en retenir aucune.
- Relie la lecture au sens que tu connais déjà : le lien est plus fort, et tu retiens mieux.
- Apprends dans les mots, pas isolément. En enrichissant ton vocabulaire, tu absorbes les lectures naturellement, dans leur contexte.
À long terme, tu apprendras toutes les lectures importantes d’un kanji, mais pour l’instant, une seule suffit. C’est en lisant et en révisant régulièrement que ça devient fluide.
💡 C’est exactement l’approche de l’app Japaniste : tu apprends chaque kanji à travers des mots réels, avec sa lecture en contexte et le tracé à main levée, plutôt que des listes de lectures hors sol. Le mode écriture t’aide à ancrer la forme, pendant que le vocabulaire ancre la lecture.
À toi de jouer !
Quatre questions sur le seul geste qui compte : regarder ce qu’il y a autour du kanji avant de décider comment le lire.
-
Tu croises
国内pour la première fois. Sur quelle lecture paries-tu ?Deux kanji accolés, donc un mot composé, donc les on’yomi des deux :
国en コク,内en ナイ, ce qui donne こくない, « à l’intérieur du pays ». くにうち applique les kun’yomi des deux côtés, こくうち mélange les deux systèmes. Ce mélange existe, quelques dizaines de mots courants le pratiquent, mais il est bien trop rare pour qu’on parie dessus : quand tu ne sais pas, un composé se lit en on’yomi. -
食べるse lit たべる, mais食事se lit しょくじ. Qu’est-ce qui déclenche le changement ?C’est la règle la plus rentable de tout le système, et elle tient en un réflexe : regarde ce qui suit le kanji. Des hiragana (les okurigana) ? Kun’yomi, et c’est presque toujours un verbe ou un adjectif. Un autre kanji ? On’yomi, et c’est un mot savant. Le sens, lui, ne bouge quasiment pas d’un cas à l’autre : il est question de manger dans les deux. Ce n’est donc pas le sens qui commande la lecture, c’est l’entourage.
-
Dans un dictionnaire, pourquoi la lecture d’un kanji est-elle parfois écrite en katakana ?
Le katakana du dictionnaire est une étiquette, pas une orthographe : dans un vrai texte, 東京 s’écrit en kanji comme n’importe quel mot, et si on lui ajoute des furigana, ils seront en hiragana. Ne confonds pas les deux dispositifs. Le furigana est une aide à la lecture posée sur le texte, pour toi qui lis. La paire katakana / hiragana des dictionnaires est un code qui te dit de quelle famille vient la lecture.
-
朝日se lit あさひ, alors que la plupart des composés passent en on’yomi. Quel genre de mots fait cette exception ?朝日 (le soleil du matin), 月見 (la contemplation de la Lune), 南口 (la sortie sud) : ces choses-là existaient en japonais bien avant l’arrivée des kanji. On leur a plaqué des caractères chinois par-dessus, mais la prononciation d’origine n’a pas bougé d’un cheveu. C’est la logique exactement inverse de 地下鉄 ou de 元気, mots savants importés avec leur son chinois. Retiens le réflexe : quand un composé désigne un élément du paysage ou du calendrier, méfie-toi de l’on’yomi automatique.
Conclusion
Les lectures on’yomi et kun’yomi des kanji peuvent sembler complexes au début, mais elles suivent des modèles réguliers. Le on’yomi, hérité du chinois, domine dans les mots composés ; le kun’yomi, d’origine japonaise, se retrouve dans les kanji seuls et les verbes ou adjectifs.
Si tu débutes, concentre-toi sur les lectures les plus courantes et les schémas ci-dessus. Avec la pratique, tu reconnaîtras les modèles sans même y penser. Il y aura des exceptions, mais ne te décourage pas : c’est une aventure qui t’ouvre les portes de la lecture du japonais.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre on’yomi et kun’yomi ?
Le on’yomi (音読み) est la lecture d’un kanji héritée du chinois ; le kun’yomi (訓読み) est sa lecture japonaise d’origine. Un même kanji a souvent les deux : 山 se lit サン (on’yomi) ou やま (kun’yomi) selon le mot.
Comment savoir quelle lecture utiliser ?
En règle générale : on’yomi dans les mots composés de plusieurs kanji (東京, トウキョウ), et kun’yomi quand le kanji est seul ou suivi de hiragana (山, やま ; 食べる, たべる). Il y a des exceptions, mais ce repère marche la plupart du temps.
Pourquoi les kanji ont-ils plusieurs lectures ?
Parce que le Japon a emprunté les caractères au chinois tout en gardant ses propres mots. Chaque kanji a donc reçu une prononciation chinoise (on’yomi) et une prononciation japonaise (kun’yomi).
Faut-il apprendre toutes les lectures d’un kanji d’un coup ?
Non. Il vaut mieux commencer par une seule lecture par kanji, reliée à un mot et à son sens. Les autres lectures viennent naturellement au fil du vocabulaire.
🧐 Découvre plus d’articles pour apprendre le japonais !
Comment inviter ou proposer en japonais ? Phrase polie ます/ません Comment dire la date et l’heure en japonais ?
Plus d’astuces ? RDV sur l’Instagram Japaniste.fr.


Une question ?