Oshōgatsu : Le nouvel an japonais


Contrairement à leurs voisins chinois et coréens, les Japonais on prit le parti de fêter le nouvel an en accord avec le calendrier grégorien, du 31 décembre au 1er janvier. Cependant, ils conservent énormément de rites et de coutumes traditionnelles.

Sommaire 

  • Avant le 28 décembre.
  • Le réveillon du nouvel an.
  • Hatsumôde et otoshidama.
  • Le mochi tueur. 

En ce début d’année 2021, c’est le signe du buffle qui va marquer les naissances. En effet, c’est l’horoscope chinois qui prévaut au Japon. Mais au-delà de la succession d’animaux ayant été plus ou moins rapide dans la course au signe, le nouvel an est surtout l’évènement le plus important de l’année. Il se passe le plus souvent en famille, puis entre amis quand tout le monde se rassemble au temple.

Avant le 28 décembre.

Les préparations du nouvel an commencent dès le lendemain de Noël. Les commerces rangent en hâte les décorations et les sapins pour les remplacer par des décorations à l’effigie du prochain signe zodiacal. Ensuite ils préparent les soldes de début d’année, en particulier des fukubukuro (福袋, sac de chance), rempli d’une dizaine de produits ou vêtements d’une valeur bien supérieure au prix du sac. Bien qu’ils soient bon marché, souvent aux alentours de 1500 yens (environ 10 euros), il vous faudra croiser les doigts si vous vous en procurez un car le contenu de sac ne peut pas être connu à l’avance.

Les familles et les entreprises, elles, entament un grand nettoyage (ōsōji, 大掃除) et placent sur le seuil des maisons des kadomatsu (門松), objets décoratifs faits de branches de pins et de bambous, pour accueillir la divinité. Un shimekazari (しめ飾り), une cordelette de paille tressée, est également accroché au-dessus de la porte des maisons pour chasser les mauvais esprits. Sur l’autel des ancêtres trône un kagami mochi (鏡餅, deux gâteaux de riz ronds superposés et surmontés d’une orange amère). Les Japonais préparent également autant de nourriture que possible, car la tradition veut qu’on se repose les premiers jours de l’année. Enfin, ils sortent leur plus beau pinceau de calligraphie et commencent à rédiger des nengajō (年賀状, cartes de vœux) à leurs famille et amis, qu’ils devront poster au plus tard le 28 décembre pour s’assurer qu’elles soient bien dans les boîtes aux lettres de leurs destinataires au 1er janvier.

Le réveillon du nouvel an.

Le réveillon du 31 décembre (appelé ōmisoka, 大晦日) se passe généralement en famille. Le plus souvent, on se rassemble autour de la table pour déguster en hâte de très longues nouilles soba appelées toshikoshi (年越し), qui représentent la longévité. Il faut cependant terminer entièrement ce dernier plat de l’année sous peine d’attirer la malchance sur l’année suivante.

En fond sonore, on diffuse des émissions souvent musicales qui sont devenues des classiques du nouvel an comme l’émission « Kohaku Uta Gassen » diffusée depuis plus de 60 ans, ou le Johnny’s Coutndown, diffusé depuis 1996.

Une dernière chose à laquelle il faut surtout faire attention est de ne pas s’endormir avant la nouvelle année. En effet, cela apporterait la maladie sur vous. C’est en tout cas la croyance de beaucoup de Japonais.

La suite dépend beaucoup des personnes et de leur génération. Certains se rassemblent pour le décompte et font la fête dans les grandes villes, quand d’autres se rendent au temple le plus proche, pour la cérémonie de fin d’année. On fait sonner la cloche du temple 108 fois juste avant minuit, pour chasser les 108 tentations terrestres enseignées par le bouddhisme. 

Enfin, beaucoup se contentent de profiter du hatsuhinode (初日の出),le premier lever de soleil de l’année, et des délices du nouvel an comme osechi ryōri (お節料理), un assortiment de plats synonymes de prospérité allant de la racine de lotus à la crevette avant d’aller dormir. Cette tendance augmente du fait des entreprises qui ont de moins en moins de scrupule à demander à leur employé de travailler au lendemain du nouvel an.

Hatsumōde et Otoshidama – Traditions du nouvel an.

Cette première visite de l’année au sanctuaire shintō ou au temple bouddhiste s’appelle hatsumōde (初詣), et presque tous les Japonais participent à cette tradition. Cependant, certains attendent le 2 ou le 3 janvier avant de s’y rendre afin d’éviter la foule. Les temples les plus fréquentés voient défiler plus de 3 millions de visiteurs sur cette période. 

Une fois arrivé au temple, on se rend jusqu’à l’autel, on sonne la cloche, jette une pièce et fait un vœux. Certains profitent de l’occasion pour acheter des amulettes et ramener celles de l’année passée pour qu’elles soient brûlées lors d’une cérémonie pratiquée par le prêtre.

La plupart des visiteurs tirent également un omikuji (御神籤), un papier qui prédit la bonne fortune. Si la prédiction est mauvaise, il faut l’attacher à un arbre près du sanctuaire, pour confier sa malchance à la protection des dieux. Si elle est bonne, on peut glisser l’omikuji dans son portefeuille ou son sac, pour l’avoir toujours sur soi.

Les adultes donnent aussi durant les premiers jours de l’année des otoshidama (お年玉, des étrennes) aux enfants de leur entourage. Elles se présentent sous la forme d’enveloppes décorées appelées pochibukuro (ポチ袋) à l’intérieur desquelles se trouvent quelques sous. La somme peut aller de 500 à 10,000 yens (4 à 79 euros), et souvent elle augmente en fonction de l’âge de la personne. Les jeunes en reçoivent jusqu’à leur entrée dans le monde du travail, et une fois ce cap passé, ça sera à eux d’en donner aux enfants.

Le mochi tueur du nouvel an.

Il existe côté à la fois insolite et sombre du nouvel an au Japon. Le mochi (餅), cette pâte de riz gluant qu’on peut retrouver dans les soupes du nouvel an ou dans les pâtisseries japonaises, est la cause de plusieurs accidents et décès chaque année. En effet, les personnes âgées (qui sont plus de 90% des victimes) n’ont plus la force de mâcher convenablement et risque une fausse route fatale. En cette année 2021, ce sont au moins neuf personnes qui ont été transportées à l’hôpital pour cause d’étouffement par mochi rien que sur Tokyo les 1er et 2 janvier. Une en est d’ailleurs décédé.

Grâce à la prévention faite autour du nouvel an, le nombre de victimes a considérablement diminué, mais il n’est pas nul. Par ailleurs, les étrangers sont aussi souvent victime d’étouffement, ne connaissant pas les risques. Faites donc très attention quand vous irez au Japon et que vous voudrez essayer de manger des mochi. Même préparés par le désormais célèbre Mitsuo Nakatani (qui a fait le buzz sur internet grâce à une vidéo où on le voit glisser avec vélocité ses mains sous le marteau de son employé), ils n’en restent pas moins dangereux. 

Donc mâchez bien, et surtout, akemashite omedetō gozaimasu ! (bonne année, 明けましておめでとうございます)

Rika, 06/01/2020

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